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MANENG’S SUNDAY Patricia Carolle

Droits des femmes, des enfants et lutte contre les violences sexuelles dans les conflits

Description

Patricia Carolle Maneng’s Sunday est doctorante en Relations internationales et militante féministe œuvrant pour l’accès à l’éducation des jeunes filles, l’indépendance économique des femmes et leur implication dans les prises de décisions stratégiques et politiques. Elle détient plusieurs distinctions et nominations en Afrique pour avoir aidé de nombreuses filles et jeunes femmes originaires de régions en crise à s’intégrer scolairement et économiquement dans leurs communautés d’accueil. Patricia fonde « Girls Empowerment for Leadership Association (GELA) » en 2019, avec pour missions de promouvoir l’autonomisation des jeunes filles par l’éducation, l’égalité des sexes, l’éducation et la réinsertion sociale des jeunes mères et le dynamisme et leadership féminins en luttant contre de grands fléaux contemporains. Elle développe des activités de prévention, formation, accompagnement mais également un forum de réflexion et d’échange sur des enjeux sociaux liés au genre.

Interview de Patricia Carolle Maneng’s Sunday – 26 janvier 2024

Pourriez-vous vous présenter ?

Je suis Patricia Maneng’s, une jeune camerounaise de 32 ans, doctorante en relations internationales. Je lutte pour l’accès à une éducation de qualité pour les jeunes filles, l’indépendance économique des jeunes femmes, et l’inclusion des femmes dans la prise de décision.

Pouvez-vous décrire votre engagement en tant que Défenseure des droits ?

Je suis engagée pour les droits de femmes et des filles dans les zones de conflit, et notamment pour leur accès à l’éducation. Je promeus l’égalité des sexes, l’inclusion sociale, le leadership féminin et le sens de la responsabilité civique et citoyenne.

J’ai fondé Girls Empowerment for Leadership Association (GELA) en 2019. Cette association a pour objectif de sensibiliser et d’autonomiser les femmes et les jeunes filles par l’éducation. Elle permet aussi de lutter contre des fléaux contemporains tels que les VBG (Ndla : violences basées sur le genre), le mariage précoce, le proxénétisme et la prostitution.

Mon action se caractérise par le développement d’activités de prévention, des activités culturelles, de coaching et de renforcement de capacités des jeunes filles et femmes. J’ai aussi créé un forum de réflexion et d’échanges sur les enjeux liés au genre. Même si mon action se destine à un public féminin, je n’en exclus pas les hommes dont la mentalité doit changer pour mener à bien mon action.

Pourquoi avez-vous décidé de vous engager pour les droits humains ?

Depuis petite, j’ai senti le devoir de m’engager, d’abord en tant que jeune fille, puis en tant que femme. Je n’acceptais pas le système patriarcal du Cameroun. La crise au Cameroun a aussi conduit à une importante précarisation des femmes qui se tournaient vers la prostitution face à laquelle je me sentais impuissante. Ainsi, j’ai souhaité m’investir pour l’éducation des jeunes femmes, qui peut les aider à prendre confiance, comme cela a été le cas pour moi. Je voulais faire bénéficier de mes expériences à toutes les femmes, c’est pourquoi je me suis engagée pour leur cause.

En 2018, j’ai organisé pour la première fois un évènement caritatif pour le paiement des frais de scolarité et du matériel des jeunes filles ; le paiement de frais de formation professionnelles pour les jeunes femmes ; la mise à disposition de microcrédits pour l’ouverture de petites entreprises par des femmes ; le renforcement des capacités des femmes face aux conséquences des conflits armés. En 2019, j’ai décidé de créer ma propre association pour m’assurer que les dons soient destinés à la cause que je défends.

Qu’attendez-vous de l’Initiative Marianne dans la consolidation de votre projet ?

L’Initiative Marianne est pour moi une plateforme internationale me servant de relais pour aider les jeunes filles et femmes. Par ses formations, notamment de plaidoyer, elle me permettra d’acquérir des connaissances que je pourrai transmettre aux membres et bénéficiaires de GELA, qui pourront les transmettre à leur tour dans le cadre de notre action. Par ce processus de mentorat, je pourrai sensibiliser un plus grand nombre de personnes. Aussi, j’attends de l’Initiative Marianne qu’elle m’accompagne, logistiquement, institutionnellement et financièrement dans la conception de mon projet afin de rendre visible la cause des femmes.

Qu’attendez-vous des activités du programme de l’Initiative Marianne ?

Les activités de l’Initiative Marianne me permettront d’ouvrir une extension de GELA en France pour pouvoir non seulement rassembler de potentiels financements, mais également coordonner les activités du Cameroun. Mon objectif est de pouvoir tisser des liens avec des organisations, institutions et associations françaises pour pouvoir développer mon association à l’étranger.

Qu’avez-vous prévu de faire après la fin du programme ?

Après le programme, j’ai pour projet de finir mon doctorat qui me permettra de faire face à de nouvelles opportunités. En parallèle, je souhaite poursuivre le développement du projet « Women and Girls reinsertion IDPs program : Réinsertion académique, économique et politique des filles et des femmes déplacées des régions en crise NOSO-Cameroun ». Ce projet vise à former des femmes à la prise de décision et la résolution de crises. En amont de mon arrivée en France, j’ai également réalisé des activités d’identification de victimes de VBG, afin d’ouvrir des cellules d’écoute et des cliniques juridiques et c’est un projet que j’aimerais poursuivre à l’issue du programme.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

Je souhaiterais revenir sur les activités que j’ai menées à bien ces dernières années, notamment avec GELA. L’association a permis la mise en place d’un grand nombre de projets :

  • activités de sensibilisation, de formations d’éducateurs et de femmes, de groupes de discussions sur différentes thématiques (droit à un environnement sain et sûr, changement climatique, maladies sexuellement transmissibles, risques sanitaires, etc.) ayant pour objectif d’éduquer les participants ;
  • groupes de paroles pour les victimes de VSS (Ndla: violences sexistes et sexuelles) et accompagnement psycho-social ;
  • de forums de discussions avec des institutions influentes (Banque mondiale, Commonwealth, ambassade d’Allemagne au Cameroun) sur différentes thématiques;
  • ma participation à des conférences internationales (sommet des femmes africaines) et également ma nomination pour plusieurs distinctions (Girls Empowerment Champion).

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