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ABASIAN Asal

Journaliste et féministe queer

Description

Asal Abasian est une journaliste iranienne et une féministe queer qui milite depuis huit ans pour l’égalité des sexes et les droits LGBTQI+. Asal a commencé à travailler en tant que journaliste en 2007 et a collaboré pour certains des médias iraniens les plus célèbres comme Shargh, Chelcheragh et Andishe-pouya. Après avoir été la cible de menaces, Asal a fui l’Iran pour la Turquie en 2021. Asal y a travaillé en tant que pigiste auprès de divers médias persans basés à l’étranger et de médias turcs, tels que BBC Persian, Radio Zamaneh, Iran International, Evrensel, et Kaos GL.

// Interview d’Asal Abasian – 29 septembre 2023 //

Pourriez-vous vous présenter ? 

Je m’appelle Asal Abasian, et je suis une journaliste iranienne et une féministe queer. J’ai travaillé en tant que reporter et journaliste dans la presse écrite en Iran pendant plus de 10 ans, période durant laquelle j’ai notamment collaboré avec Sharghdaily, un des quotidiens les plus lus en Iran. 

Néanmoins, en octobre 2021, j’ai dû fuir l’Iran après avoir subi des interrogatoires et des menaces de la part du CGRI (Corps des Gardiens de la Révolution Islamique) en raison de mon activisme en tant que journaliste LGBTQI. J’ai ainsi, dans un premier temps, quitté Téhéran pour Istanbul où j’ai collaboré, comme journaliste indépendante, avec des médias iraniens basés à l’étranger comme BBC Persian Service et Radio Zamaneh. Enfin, en janvier dernier, je suis arrivée en France en tant que lauréate de la promotion 2023 de l’Initiative Marianne, et je poursuis désormais mon combat depuis Paris. 

Pourriez-vous m’en dire plus sur votre projet et votre association ?

Je suis actuellement sur le point de créer mon association « Beyond Borders LGBTQ+ Home For Persian Communities » en France. 

Cette dernière a pour objectif de renforcer les outils éducatifs concernant le combat des personnes LGBTQ+ dans les pays persanophones. L’association proposera notamment une plateforme numérique ressources internationales accessibles – traduites en persan – axée sur les droits des communautés LGBTQ+, dans des domaines tels que l’éducation, les droits civils, et le droit à la santé. 

Cette plateforme a vocation à devenir la toute première bibliothèque numérique « Queer » persane, avec un accent particulier sur la thématique du féminisme intersectionnel. 

Comment l’initiative Marianne vous a-t-elle aidée à concrétiser votre projet ? Quelles sont les activités qui vous ont été le plus utiles pendant le programme ? 

L’Initiative Marianne a été une immense opportunité pour moi ; Elle m’a permis de développer mon réseau de défenseurs des droits de l’Homme, au travers des rencontres organisées avec des acteurs de la société civile française et internationale. Je suis très reconnaissante envers le comité d’avoir été sélectionnée ;  envers les  équipes accompagnantes d’avoir rendu cette expérience possible pour des défenseurs des droits internationaux. 

Avez-vous gardé beaucoup de liens avec les autres lauréats depuis la fin du programme ?

Depuis la fin du programme, j’ai maintenu un contact régulier avec les autres lauréats, et en particulier avec deux d’entre eux, que je considère désormais comme des amis. Nous envisageons de développer un projet commun au niveau international entre nos organisations respectives. 

Le mois de septembre a marqué les « un an » qui se sont écoulés depuis la mort de Mahsa Amini   et les manifestations féministes qui se sont ensuivies en Iran. Comment, selon vous, la situation du droit des femmes a-t-elle évolué en Iran ? 

Selon moi, ce qui importe le plus dans le mouvement de manifestations généralisées ayant suivi le meurtre de Mahsa Amini, c’est le combat ininterrompu la société iranienne. Les manifestants  opposés à la République Islamique forment, avec les iraniens ayant dû fuir le pays, une puissante union. Nous devons, plus que jamais, nous battre pour le respect des droits de l’Homme et contre toutes les situations d’inégalité existantes en Iran. 

J’ai repris espoir dans l’avenir de mon pays après les manifestations ayant suivi la mort de Mahsa Amini, portant haut et fort le slogan « Femme, Vie, Liberté ». 

 

 

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